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Découper une tâche trop grosse

Une tâche qui traîne depuis trois semaines n’est pas une tâche : c’est un projet déguisé. Il suffit souvent d’une phrase pour le débloquer.

Une marche à la fois, la première d’abord.

Il y a toujours, dans une liste, deux ou trois lignes qui ne bougent pas. On les relit chaque jour, on ne les fait pas, et on finit par ne plus les voir. Presque toujours, ce sont des projets écrits comme des tâches : « refaire le salon », « organiser les vacances », « trier les photos ».

Le test

Une tâche est une chose qu’on peut faire d’un bloc, avec ce qu’on a sous la main, et dont on saurait dire quand elle est finie. Si tu ne peux pas répondre à « ça prend combien de temps ? », tu regardes un projet.

Ce n’est pas grave d’avoir des projets dans sa liste : c’est grave de les traiter comme des tâches, parce qu’une ligne qu’on ne peut pas cocher finit par apprendre à ne rien attendre de la liste.

La question qui débloque

Une seule : quelle est la première chose faisable, en moins de vingt minutes, sans dépendre de personne ?

Pour « refaire le salon » : mesurer le mur du fond. Pour « organiser les vacances » : choisir les deux semaines et les écrire quelque part. Pour « trier les photos » : trier le mois de juin, et lui seul. Ces premières étapes ont l’air ridicules par rapport au projet — c’est le signe qu’elles sont bonnes.

Ne découpe pas tout

La tentation, une fois lancée, est de tout planifier : les douze étapes, dans l’ordre, avec des dates. Ça donne un beau plan et une deuxième forme de paralysie, parce qu’on regarde à nouveau une montagne.

Deux ou trois étapes suffisent. Le reste devient beaucoup plus clair une fois la première franchie — souvent, d’ailleurs, la suite ne ressemble pas du tout à ce qu’on avait prévu.

Quand la première étape ne se fait toujours pas

Deux causes, en général. Elle est encore trop grosse : découpe encore, jusqu’à ce que ça paraisse bête. Ou bien il te manque quelque chose — une information, une décision qui ne dépend pas de toi, un moment calme. Dans ce cas, la vraie tâche est de nommer ce qui manque : « demander à X s’il est d’accord », « décider si on garde la table ».

Une décision non prise ressemble beaucoup à de la procrastination, mais ne se règle pas pareil : elle se règle en la posant comme une ligne à part, avec un moment pour la prendre.

Le cas particulier des tâches qui font peur

Certaines lignes ne traînent pas parce qu’elles sont grosses, mais parce qu’elles sont désagréables : un appel qu’on redoute, une réponse à donner, un rendez-vous médical. Découper aide quand même — « trouver le numéro » est neutre, « appeler » ne l’est pas — et il reste souvent la partie difficile.

Pour celles-là, la seule chose qui marche vraiment est de leur donner un moment précis dans la journée, tôt, et de ne rien mettre juste avant. Le reste est du courage, et aucune liste ne le fournit.

Questions fréquentes

Quelle taille doit avoir une première étape ?

Vingt minutes maximum, et elle doit pouvoir se faire sans rien attendre de personne. Si elle dépend d’une réponse, la vraie première étape est de demander.

Faut-il découper toutes les étapes d’avance ?

Non. Les deux ou trois premières suffisent : la suite devient beaucoup plus claire une fois qu’on a commencé, et découper à l’avance produit surtout des plans qu’on ne suit pas.

Et si même la première étape ne se fait pas ?

Elle est encore trop grosse, ou elle demande quelque chose que tu n’as pas (une information, une décision, un moment calme). Découpe encore une fois, ou nomme ce qui manque.

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