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La règle des deux minutes : ce qu’elle règle vraiment

Si ça prend moins de deux minutes, fais-le maintenant. La règle est bonne — à condition de savoir quand elle ne l’est pas.

Les petites choses faites tout de suite ne remplissent plus la liste.

La règle tient en une phrase : si une chose prend moins de deux minutes, fais-la tout de suite plutôt que de l’écrire. Elle vient de Getting Things Done, le livre de David Allen paru en 2001, où elle sert au tri : devant une pile de courrier ou une boîte mail, noter une demande minuscule coûte plus de temps et d’attention que de la régler sur place.

Ce qu’elle fait très bien

Elle empêche la liste de se remplir de poussière. Répondre « oui, jeudi » à un message, sortir le sac de la machine, ranger le document dans le bon dossier, jeter le prospectus : écrire ces choses-là prend plus longtemps que les faire, et surtout, elles s’accumulent vite. Une liste où traînent quinze micro-tâches devient illisible, et cache les trois lignes qui comptent vraiment.

Elle a un deuxième effet, moins évident : elle réduit le nombre de fois où l’on repasse sur la même chose. Un objet qu’on déplace trois fois avant de le ranger a coûté plus cher que le rangement lui-même. La règle des deux minutes casse ces boucles.

Le premier piège : la journée entière en deux minutes

Appliquée sans garde-fou, elle produit des journées entièrement composées de petites choses. Chaque interruption est justifiable individuellement ; mises bout à bout, elles mangent les blocs de temps où l’on aurait pu avancer sur la seule tâche qui comptait.

Le garde-fou est simple : la règle s’applique au moment du tri, pas en continu. Quand tu passes en revue tes messages ou que tu vides ta tête, oui. Quand tu es au milieu d’une tâche qui demande de la concentration, non : ce qui arrive s’écrit et attend.

Le second piège : croire qu’elle soigne la procrastination

Ce qu’on repousse depuis trois semaines ne prend jamais deux minutes. « Appeler l’assurance » dure vingt minutes, « faire la déclaration » deux heures, « ranger la cave » un samedi. La règle ne mord pas là-dessus, et l’utiliser comme méthode générale donne surtout la sensation frustrante d’être très occupée sans rien avancer.

Pour ces tâches, la bonne question n’est pas « est-ce que ça prend moins de deux minutes ? » mais « quelle est la plus petite première étape ? ». Trouver le numéro, ouvrir le dossier, sortir un carton. Cette étape-là, souvent, prend deux minutes — et c’est comme ça que les deux règles se rejoignent.

Comment l’utiliser sans y penser

Garde-la pour trois moments : quand tu écris ta liste, quand tu relis tes messages, et quand tu ranges le soir. À ces trois moments, tout ce qui est minuscule se fait, et le reste s’écrit en trois mots.

Et si tu hésites — c’est deux minutes ou dix ? — écris-le. Une tâche écrite ne coûte presque rien ; une interruption mal évaluée coûte le fil de ce que tu étais en train de faire.

Questions fréquentes

D’où vient exactement cette règle ?

De « Getting Things Done » de David Allen (2001), où elle sert au tri du courrier et des demandes : ce qui se règle en moins de deux minutes coûte plus cher à noter qu’à faire.

Pourquoi deux minutes et pas cinq ?

Le chiffre est arbitraire et Allen le dit. Deux minutes est court assez pour que l’interruption reste indolore ; au-delà, on se retrouve à faire des petites choses toute la journée.

Est-ce que ça marche contre la procrastination ?

Pas vraiment. Ce qu’on repousse dépasse presque toujours deux minutes. Pour ça, la bonne méthode est de découper jusqu’à obtenir une première étape faisable.

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